Bigre, cela fait déjà 3 semaines que nous avons atterris à Montréal, QC, Canada. Je m'étais juré de mettre ce blog à jour aussi souvent que possible, mais le quotidien Canadien à pris le dessus sur mon appétence à me coller les mirettes sur un écran 13 pouces.
C'est chez nos amis de Fred et Martin, de l'excellent groupe BonVivant, rencontrés au mois d'Avril dernier sur les routes de France et de Belgique, que nous avons posé nos affaires pour cette première semaine Québécoise. Accueillis comme le couple princier au Grand prix de Monaco, on a très vite pris nos marques dans la métropole, errant comme il se doit dans ces rues aussi bien organisées qu'un plateau de bataille navale. La première semaine a donc été principalement consacrée à retrouver nos ami(e)s de Montréal quittés il y a deux ans lors de la précédente tournée de Charly Fiasco outre-atlantique. On retrouve vite des habitudes familières finalement : jams & shows punk rock, fêtes, bons repas, promenades citadines, et comme le dit justement Gégé : "En fait c'est la même vie ici qu'à Toulouse". Pas faux, worldwide lifestyle.
Dig It Up, Montreal Harvest Punk Rock Festival
La seule différence, c'est que le moment où nous allons avoir besoin d'argent ne devrait pas tarder à arriver, et cela plus vite que prévu. C'est une des inquiétudes majeures de l'année à venir : le budget. Nous avons clairement pas assez de coté pour vivre paisiblement comme des touristes anglais sur la côte d'azur durant les prochains mois. Il va donc falloir retourner au turbin. Ca tombe bien c'est une manière de voyager qui m'intéresse beaucoup. J'ai l'intime conviction que le meilleur moyen de rencontrer les habitants du pays qui t'accueille c'est de partager leur quotidien dans leur labeur journalier. C'est donc reparti comme il y a 10 ans. Rédaction de C.V, démarchage, porte à porte, pour proposer tout ce dont je suis capable de faire avec mes 10 doigts, et le reste de ciboulot en état, autrement dit : Pas grand chose.
Somewhere, over the rainbow
Puis, nous avons déménagé chez Olive et sa dulcinée Salomé. Olive c'est mon pote de toujours. Je le connais depuis Septembre 1989, autant vous dire qu'on a eu un maximum de "première fois" ensemble. Du concours de celui qui pisse le plus loin à la première gueule de bois, on a traversé un océan de sottises, et à la nage je vous prie. Olivier et Salomé habitent du coté d'Outremont, en plein coeur du quartier hassidique, on y parle français, anglais, mais aussi hébreux. Le dépaysement est partout dans cette sacrée ville, et il y est différent à chaque angle de rue.
Voilà, j'arrête d'empailler mon clavier, j'ai réussi à trouver un job au bout de 6 petits jours, et je dois avouer que cela occupe une bonne partie des mes journées. Je suis serveur dans une patisserie - salon de thé, version luxe et volupté. Impossible de tout raconter sur ma nouvelle vie professionnelle canadienne dans ce message, je vais être obligé de vouer un post entier aux aventures de mon noeud papillon. Tenez le coup.
Le compte à rebours est lancé, les
jours défilent aussi vite que les platanes le long d'une départementale de province. C'est l'heure des "au revoirs", de faire la tournée de la famille, des ami(e)s, des collègues, comme si on partait 10 ans sur le front avec un coupe-ongle pour seule arme défensive. Ca fait flipper encore plus. Disons que nous partons 1 an en Erasmus à Barcelone étudier l'oeuvre architecturale de Gaudi, ça sera plus simple pour tout le monde. Bref, c'est l'heure de faire sa valise. Qu'est-ce qu'on prend pour un an? Tu prends combien de caleçons ? Est-ce l'heure de mettre des slips parce que ça prend moins de place? A ce compte là, pourquoi pas enfiler des strings pour pouvoir faire de la place pour"The Dirt" l'épaisse biographie de Mötley Crüe. Enfin autant de questions existentielles qui pimentent mes journées.
Comme d'habitude, rien n'est vraiment prêt. "Rien ne sert de courir, il faut partir à point", elle a bien raison cette bonne vieille tortue à se hâter dans la lenteur. Entre déménagement, tracasseries administratives, et ultimes banquets de bonne bouffe, je préfère trouver principalement du temps pour faire le stock de bouquins, et écouter des disques. Fermer les volets du domicile parental, s'abriter du soleil qui régale la plèbe au bord de la piscine, et faire le plein de fichiers numériques pour l'année à venir. Voici les 5 disques qui m'ont régalé les cages à miel cet été.
Comadre " Comadre"(2013)
Un groupe à la mode chez les jeunes. J'étais encore passé à coté de cet orchestre. C'est normal je suis vieux me direz vous. Bête hybride géniale entre screamo, emo, indie rock où je ne sais quoi. Brulons les étiquettes, ce groupe là est vraiment singulier, original, et vient de s'emparer du trône de ce royaume où il faut porter une barbe et des chemises à carreaux.
Mélodies hurlées, guitares pop, des expériences qui partent même sur des routes dangereuses puisque avec des notes de piano, voir même de trompette. Un disque osé, et maitrisé de bout en bout.
R.K.L "Riches to rags"(1994)
Je suis retombé sur ce disque, en suivant les conseils d'un véhément mélomane du nord-est de la France (yo Sam). Hop retour illico dans la période de l'adolescence où j'ai pris ces 11 titres au milieu du front.
Cette époque où je viens de me faire avaler par la vague hardcore mélodique californienne, mais je résiste toujours en sortant les feuilles de l'eau à grand coup de "Appetite for Destruction". Ce disque c'est un peu ça, du punk rock mélo bercé par la fureur heavy rock.
Jason Sears qui aurait eu des rapports buccaux avec Paul Di'Anno. Un chef d'oeuvre.
Otis Redding "Live on the Sunset Strip" (1967)
Au cours de notre trop courte virée Bretonne cet été, nous sommes tombé sur ce Réunionnais qui reprenait Otis Redding au bord du plus beau port de France. Dédé qui s'appelait. Gros charisme, grosse fougue scénique et autodérision de rigueur. Il chantait le répertoire du soulman avec une attitude punk et une classe folle. Dire que je m'étais jamais penché sur la carrière d'un des héros de mon paternel, coincé par mes oeillères rock. J'ai réparé ma bourde en écoutant plusieurs fois d'affilé, les 3 sets enregistrés par Otis dans ce live au mythique "Whisky A go-go". Ce type a enregistré une quantité incroyable d'hymnes à l'amour tubesque. Merci Dédé.
Fortune Cookie Club "L'histoire c'est maintenant" (2013)
Les Québécois sont venus jouer à Toulouse, lors de leur dernière tournée européenne. On a partagé une belle date significative avec Charly Fiasco, Maladroit et Lame Shot!. Ben m'a gentiment filé leur dernier disque que je malmène au moins une fois par jour dans la platine depuis que les cousins ont quitté ma cuisine.
Punk rock mélo chanté dans la langue de Bruno Masure. Entre Vulgaires Machins et Guerilla Poubelle. Diablement efficace.
Le meilleur pour la fin. Dernier effort pour les toulousains trop injustement méconnus. Quand tout le monde se touche le nombril sur les clips de Fauve, Bruit Qui Court, continue d'user la courroie du camion sur la route toutes les fins de semaine depuis 10ans. Une grosse soupe populaire musicale mélangeant habilement diverses influences toutes justement choisies. Bruit Qui Court, c'est aussi et surtout Nicolas. Celui que je considère comme l'un des meilleurs paroliers de l'hexagone vient d'amener son orchestre à la quintessence de la chanson engagée. Quand la musique sert à trouver la force pour lever le poing plus haut. La société a besoin de Bruit Qui Court, pas de Tagada Jones.
ps : Prochain post depuis Montreal, Canada. Stay tuned buddies.
Nous y sommes. Je me souviens désormais des raisons pour lesquelles j'avais ouvert ce blog.
Je me souviens pourquoi j'avais choisi cet intitulé fort prétentieux, qui laissait sous entendre que j'allais raconter quelques extravagances vécues sur la route.
Je me souviens de l'idée originelle sous forme de fanzine papier, de cette envie de dépeindre le quotidien, de ce besoin de restituer les dernières lectures, les derniers coups de coeur, de trouver un alibi à cette nécessité d'étaler son égo. Je me souviens aussi et paradoxalement de cette difficulté à écrire à la première personne du singulier.
Bref, je me souviens surtout que "Aucune route n'est trop longue" était avant tout un moyen de décocher un projet qui me tient à coeur, depuis l'âge où apprendre à jouer "Linoleum" t'importe plus que de réussir ton semestre d'art moderne. Bourlinguer, c'est le terme qu'utilise mes géniteurs pour qualifier nos vadrouilles amplifiées le week-end. Voilà je voulais bourlinguer et raconter des histoires de bourlingues.
Je voyage avec les orchestres punk rock depuis maintenant presque dix ans. Ce même punk rock qui m'a tant apporté, celui qui m'a bâti, structuré, m'a aussi amené aussi loin que jamais j'aurais pu espérer, humainement comme géographiquement.
BonVivant/Charly Fiasco - Quelque part en France dans la maison de Pat le Nerveux.
Photo by Sneaky Phong
Cette année 2013 n'a pas été en reste. Une semaine en Algérie au mois de Février avec l'équipe Rock Belda, avec en prime un concert en plein coeur de Bab El Oued. Quelques semaines plus tard, dix jours avec nos amis Québécois de BonVivant sur les routes de l'hexagone, et puis 3 semaines en Europe de l'Est cet été avec la jeune garde Angevine de Wank For Peace.
Partir faire des bornes dans un camion reste certainement l'expérience la plus classe du monde. Les kilomètres forment la jeunesse. La vie en collectivité, le manque de sommeil, les délicieuses odeurs corporelles, les rencontres etc... Je vous sors pas le "road sweet road" classique, les trompettes habituelles... La section cuivre est toujours de trop dans un camion, et je suis sur que vous voyez où je veux en venir.
Les 3 dernières semaines avec Wank For Peace furent très riches. Voilà un groupe qui a tout compris. Un de ceux qui fait de la musique pour les bonnes raisons. Un groupe de jeunes passionnés, arrivant simplement à associer éthique, sérieux, gros concerts et sens aiguë de la fête. Un orchestre qui tourne en profitant au maximum de ce qui leur arrive, lucide sur la chance qu'ils ont, sincère dans l'attitude, responsable dans leur choix et leurs engagements. Le punk rock au service de la classe.
Quand on écrit ce genre de tube, on mérite que le respect et le dévouement total.
Foolish, Wank For Peace, Charly Fiasco & crew - Kiev, Ukraine.
Photo by Ben De Palma
Voilà, tout ça pour dire que le punk rock c'est ma putain de vie, mais je besoin de voyager autrement. J'ai besoin de rencontrer des gens différemment qu'au travers d'une relation faussée par des centres d'intérêts communs déjà pré établis. Facile de taper la causette à l'angle du zinc, au premier gazier croisé, celui qui arbore fièrement une veste à patch orné de logos Black Flag, ou Dead Kennedys. On aura toujours de quoi jacter sur la reformation du combo californien, et l'absence de Rollins en son sein. L'équation relationnelle en devient plus qu'évidente à résoudre. J'ai pris un an de congé sabbatique. Avec Géraldine, on va faire une sorte de tour du monde. Le genre de truc que tu rêves quand t'es marmot après avoir lu ton premier Kerouac. On va peut être s'arrêter à Londres avant même d'avoir pris le deuxième avion mais au moins on aura essayé. "On va pas perdre sa vie à la gagner" qu'ils disaient. Un an à vadrouiller autour du monde avec celle qui a le courage de partager mon quotidien depuis un nombre de mois qui commence à devenir difficile à calculer sur ses doigts de pied. On va travailler un peu pour manger, beaucoup pour nous rendre à la destination suivante, vivre comme un couple de beatnik, et voir le lendemain comment on peut organiser la veille. Le simple fait de se réveiller le lundi matin sans penser à la semaine de travail qui s'annonce suffit à me réjouir pour tout l'été. Un an à quitter son confort, un an avec la route pour seule maison. On sait ce que l'on quitte, on ne sait guère ce que l'on retrouvera. J'ai réfléchi en amont à tout ce que je laissais, aux conséquences de ce choix égoïste, au fait de partir et de ne pas voir vieillir ses proches (Coucou Ginette et Lucienne). J'ai beaucoup pensé à tout ce que je mettais en parenthèse, en particulier les groupes dans lesquels j'essaie de jouer. Le risque de voir tout ce qu'on a construit à plusieurs, s'éteindre, soufflé par le vent de l'inactivité. Que nenni. On attaquera le prochain disque de Charly Fiasco dès mon retour, et c'est l'élégant Francesco Brown qui va me remplacer à la mitraillette à 6 cordes dans Lame Shot! C'est juste une petite digression dans notre humble existence, l'histoire de mettre un gros coup de ripaton à la créativité, et de souffler un peu sur ce sordide agenda rythmé par le travail. Je vais en profiter pour mettre le temps libre à profit, et réfléchir de mon coté au prochain disque des Fiasco, certainement gratter quelques lignes pour un projet écrit qui me tanne depuis un moment, et jouir sans merci du temps qui s'écoule.
Canada - USA - Amérique Centrale - Amérique du Sud - Australie - Nouvelle Zélande - Asie du Sud Est - Inde pour ce qui est du routing grossier du voyage. Si vous êtes sur la route au même moment, ou que vous voulez partager des infos et des bons plans, n'hésitez pas à envoyer un courrier électronique.
Restez brancher sur ce blog, il y aura par voie de conséquences, matière à le nourrir considérablement.
On décolle le 2 septembre 2013 et on atterri au mois de Juillet 2014.
See you on the road folks.
J'ai pris la rentrée scolaire par derrière. Une petite gifle sur la nuque, énergique et humiliante comme une belle fessée sur l'occiput. La douleur commence à peine à disparaitre, le temps de me rendre compte que l' on vient de signer à nouveau pour une belle année de réjouissance en tous genres. Summer Whatever est enfin disponible. Une entreprise qui peut paraitre anodine, mais qui, quand l'on possède autant de prédispositions à la malchance que moi, peut s'avérer extrêmement audacieuse. Mon camarade Mickson a du s'arracher les cheveux à la lecture de mes sms qui lui indiquaient l'évolution de la situation. Pages originales perdues, imprimantes en panne, tout était destiné à l'échec.
Il est finalement là, et disponible sur simple demande* en m'envoyant un courrier de type électronique à l'adresse suivante : romainboule [at] charlyfiasco.com. N'oubliez pas que si vous envoyer une blague ou un mot doux, la lettre arrive plus vite.
Le successeur est déjà en route et s'intitulera X-Mas Confidential, toujours avec Mickson le flamboyant nordiste en partenaire particulier. Il devrait être disponible si tout va bien pour la Noël comme dirait tes grand-parents aujourd'hui décédés.
J'en profite pour remercier une nouvelle fois Mickson pour sa patience, Pauline pour la couv', Roww pour les dessins, et toi qui va prendre le temps de le lire debout sur ta chaise lors des prochains repas de famille.
*Offre valable dans la mesure des stocks disponibles et de la flemme du moment.
Six mois! c'est quasiment le temps que je me suis accordé depuis la dernière mise à jour. Le temps libre n'est plus une excuse, j'avais certainement moins l'envie d'étaler ma vie sur un écran. La faute à une vie réelle largement plus intéressante. L'avantage d'avoir un support personnel pour exutoire, résidant dans le fait que ce dernier doit être corvéable à merci, utilisable comme bon nous semble, strictement lorsque l'on en ressent le besoin ; j'avais juste donc d'autres matous à malmener.J'en profite toutefois pour remercier les gens qui me demande quand est-ce que je sors les doigts de l'orifice anal pour mettre à jour ce blog, ainsi que celui qui m'interpella un soir de printemps en ces termes :-
"Tu sais, pour fidéliser tes lecteurs, tu te dois d'être régulier sur tes mises à jour"
Non merci, je laisse la fidélité aux cartes du même nom des petits commerçants du quartier. Passez donc sur ce site quand bon vous semble, quand vous avez souillé tous les réseaux sociaux existants, répondu à tous vos mails, et après avoir étranglé le borgne sur la page d'accueil de la Fistinière si cela vous chante. Soyez fidèle à vos choix artistiques, vos goûts musicaux, vos convictions politiques, à votre démarche existentielle mais pas à ces successions de mots à vertus thérapeutiques.Cette mise au clair étant faite, il est l'heure de s'étaler sur l'activité du vacancier chanceux que je suis, et le fil rouge des congés payés...(Je vous rassure il y a d'autres fils aux couleurs différentes sur mon arc estival.) Summer Whatever, c'est le nom du split zine sur lequel nous travaillons avec Mr Mickson (Shotdown, Toujours dans le jazz, Crust Caviar...) pour une sortie à la rentrée de Septembre. Inutile de vous dire que lorsque le gazier m'a proposé un zine commun par SMS interposé, je n'étais pas loin de partir embrasser sauvagement ma chef de service, pourtant très difficile en approche corporelle.
C'est un peu comme si on proposait à Jean Alesi la pôle position du grand prix de Monaco, comme si Richard Curtis me proposait le premier rôle de son prochain long métrage... Dreams come true !
Je suis actuellement on formation accélérée dans de multiples travaux manuels, l'affaire s'annonce terriblement excitante.
Aurélio, Roww, Mato, Marjorie Calle, s'occuperont d'illustrer tout ça, on y parlera musique, ciné, culture pop et tout ce que l'on aura eu l'occasion de croiser cet été le pif dans la lavande.
Rendez-vous début septembre.
Autant mettre les choses au clair tout de suite. Non, la mise à jour du blog n'a rien à voir avec le fait que nous soyons le 14 Février : Fête nationale du shopping pour amoureux transits. Cela doit être un hasard du calendrier.
Bon d'accord, cette fameuse date hivernale a au moins le mérite de rappeler les bienfaits du célibat : Le temps pour soi.
Aujourd'hui, le temps est avec moi, il s'offre même un double sens. Dehors, le ciel pleure à grosses larmes des flocons aussi considérables que les larmes qui coulaient le long de mes joues le jour de ma rentrée au C.P.
Il neige en hiver, incroyable. La population Toulousaine est totalement décontenancée. Dans le sud de la France, nous n'avons pas l'habitude de la neige. Dès qu'un léger manteau blanc habille les routes de la ville, tout le monde panique et se ronge l'esprit autour de questions vitales du type : "Vais-je pouvoir me rendre au travail avec toute cette neige et ce verglas?"
J'aime la neige dans un contexte urbain. Elle permet de faire le tri parmi la plèbe. Elle confine certains chez eux et en libère d'autres. Elle pousse la ville à se taire et à se plier à ses propres règles.Cela me rassure et m'excite à la fois. Pendant une semaine, on a eu la paix, seuls les valeureux sortaient affronter la douce blanche. Cette année, la neige nous a même permis de pratiquer la planche à neige dans les rues de la ville, nous a offert quelques journées de chômage technique, et nous a même accordé quelques moments de franches rigolades en jouant à la guerre pour de faux. De quoi faire avaler la pilule ornée de 4 petits chiffres terrifiants : 2012.
A la fin de l'année 2012, j'aurai 30ans. Cela fait vraiment flipper de vieillir. J'ai l'impression que cela fait 15 ans que j'ai 15 ans. A mon âge, mon père était marié et s’apprêter à devenir responsable de son premier fils : votre humble serviteur.
De mon coté, j'habite toujours en collocation, j'ai une montre flic-flac Spiderman, et les poils sur mes joues ressemblent à s'y méprendre à ceux situés en dessous de mon nombril. Si la nature ne veut pas faire d'efforts, qu'a cela ne tienne, je n'en ferais pas non plus. Le Plan d'Epargne Logement attendra.
Pour fêter ça, avec des amis, nous avons monté un énième groupe de punk rock. Avoir un nouveau band, c'est comme avoir une nouvelle petite amie. Les premiers rendez-vous s'accompagnent de petits pincements au cœur, on se cherche mutuellement, on se renifle dans tous les recoins pour savoir où tout cela peut nous mener. Pour le moment, c'est frais comme un diabolo kiwi en terrasse, c'est pop comme un refrain de Snoop Dog, et les gaziers m'autorisent à jouer avec mon mini-short H&M que j'aurais pu piquer à l'équipe de Nothing Toulouse (La team de roller derby de ma ville). Les paroles parlent de Katy Perry, de notre ami Nicolas qui se prend pour un chien, et d'autres sujets aussi vastes que stupides. Chacune des répétitions permettent à une ribambelle de papillons de s'envoler. C'est beau l'amour. En tout cas, la jeune me permet de me réconcilier avec le punk rock. J'avais délaissé quelque peu la distorsion ces temps-ci.
J'imagine que les premiers concerts sont un peu comme le moment où tu dois présenter ta dulcinée à ta famille.
Puisque l'on en parle, la bien aimée s'intitule Lame Shot! et je serais ravi de faire les présentations à l'occasion de notre tournée nationale à Toulouse les :
- Jeudi 15 Mars aux Tilleuls + Molly Mc Harrel
- Jeudi 22 Mars à La Dynamo + DownerCut + Clémentine et les derniers dinosaures + Black Pigeon
Venez nombreux, je suis sur qu'il y aura du sirop de Kiwi.
Rien à voir avec la choucroute mais question plaisir audiovisuel, j'ai découvert 5 ans après tout le monde la série Dexter. Et oui, on ne se refait pas, j'ai jamais eu un wagon de retard, j'ai toujours eu le train entier.
L'histoire d'un expert en sang employé par la police de Miami le jour, et tueur en série sanguinaire la nuit. J'ai regardé les 4 premières saisons en 1 petit mois.J'ai réduit de moitié mon capital sommeil, pour m'imprégner un maximum du personnage principal. La série est tombée à point nommé dans mon existence, le mois de Janvier étant cette fois plus rude sur le plan du moral que sur le plan climatique m'a laissé quelques traces au mental. Et voilà qu'arrive ce type dénué de sentiment. Insensible, desséché de toutes émotions ; une froideur malsaine, qui trouble le spectateur dans un premier temps , le fait culpabiliser lorsque l'on s'y attache, puis le transcende lorsqu'on le place en véritable super héros. Il me plait le jeune Dexter Morgan, et ses pulsions indomptables.
Des fois, je me dis que c'est certainement lui qui agit selon la meilleure des façons. Et puis j'éteins la télé.
Dans un tout autre registre, j'ai fini par me rendre au cinéma pour aller voir Intouchables. Le film français numéro un au box-office en 2011. Avec toutes les bonnes critiques que j'avais lu et/ou entendu, il fallait que j'aille voir ça des mes propres billes. De manière à objectiver ma séance, j'y suis donc allé tout seul.
J'ai jamais craché sur le cinéma français "ala française", bien au contraire. Je préfère revoir un bon vieux Guédiguian que me retaper "un flic à la maternelle". Ceci dit, lorsqu'un film cartonne en France, on est dans le droit de se poser des questions quant à la qualité de ce dernier, dans un pays où la personnalité préférée s'appelle : Yannick Noah.
On en parle pas assez de cet ancien sportif de haut niveau, reconverti en chanteur de variété engagé dans toutes les nobles causes. Ce week-end encore, j'ai entendu de nouvelles anecdotes croustillantes sur ce grand bonhomme à l'égo aussi démesuré que la pauvreté des textes de ses chansons.
Bon je sais c'est gratos, mais pour l'avoir rencontré une fois, j'y peux rien il m'agace... "Aux arbres citoyens
Quelques baffes à prendre
La veille est pour demain
Des baffes à rendre"
Avant de s'occuper des arbres, et des baffes qu'il doit distribuer, il ferait mieux de s'occuper de la santé des oreilles des habitants de l'hexagone, qui pensent encore que ce va-nu-pieds est en grande mission pour le bien être de l'humanité. Allez triste france, arrete donc de penser que yannick est un type bien parce qu'il porte toujours des dreadlocks en 2012. Le génie de Saga Africa, comme tout le monde, possède son compte en suisse, roule en 4x4, se fait rémunérer outrageusement par les associations 1901 lorsqu'il fait honneur de sa présence, et continue de trainer les casseroles à son vénérable derrière. Pour un mec qui devait quitter le pays en 2007 si Sarkozy était élu, je trouve qu'on entend toujours parler beaucoup de lui.
Yannick, (permet moi de t’appeler Yannick), j'ai l'immense honneur de t'avouer que tu fais parti à mes yeux du club des 5. Ce club très restreint que j'enverrai volontiers en prison pour deux décennies si j'étais un jour président de la république. Tes compagnons de cellule, rayon bibliothèque rose, s'appellent : Christophe Maé, Laurent Gerra, Michel Sardou, Grégoire et Arthur. Le chef d'accusation s'intitule : appauvrissement culturel du contribuable.
Sinon Intouchables, c'était sympa, j'ai passé un bon moment.
Déconnez pas, votez hors norme.
J'ai toujours écouté un peu de rap. Comme ça, de temps à autre, manière de me tenir un peu au jus de ce qui se passe hors des frontières très cloisonnées du milieu punk rock. Je me souviens encore de mon premier disque hip-hop envoyé dans les cages à miel.
Milieu des années 90, j'étais au collège, le bon vieux temps. Le temps où les études étaient loin d'être une priorité, le temps où les filles n'existaient que pour les autres (pas de soucis, la réciproque était toujours de mise), le temps où le skateboard paraissait comme la seule et unique raison de vivre.
Pendant cette période là, j'écoutais Wu Tang Clan"36 Chambers". Avec le recul, je ne sais pas si j'ai vraiment aimé à l'époque. La bande à Old Dirty Bastard tournait en boucle dans mon walkman auto-reverse, mais je ne saurais trop vous dire si j'appréciais réellement. Le rythme binaire, me parlait, le chant amerloque certainement moins. A un âge, où tu demandes encore ce que veut dire "FUCK" en anglais, décrypter les textes de "C.R.E.A.M" semblait une activité des plus délicates.
En tous cas, cela me donnait une caution pseudo-rebelle pour pouvoir franchir les grilles des propriétés privées, capuche sur le museau, avec dans la carcasse ce sentiment que rien ne pouvait entraver à mes relations fusionnelles avec l'asphalte et la planche à roulette.
Au lycée, impossible de passer à coté de "L'école du micro d'argent" d'IAM. Le rap de Marseille me fascine, me titille, m'envoie faire des infidélités à mon âme de jeune rockeur naïf. La nouvelle génération de rappeurs qu'incarne la Fonky Family m'envoie directement une belle claque dans la gueule. Leur album s'appelle "Si dieu veut", et à l'époque je le prend comme un disque de punk rock : Frais, brut, et grinçant. La révolte au bout du poing.
A Toulouse, KDD fait danser les gens. En parallèle, je découvre, 2Bal 2'Neg, Triptik,le premier Neg'Marrons, NTM, Oxmo Puccino, le début du Secteur A, etc... Mes oreilles s'octroient des récréations de distorsions des plus honorables.
Oui mais voilà, mon truc à moi, cela reste le punk rock. Et tu as beau t'affranchir l'esprit avec quelques chansons issues aussi de la culture urbaine, il faut que pour ton entrée dans la dernière ligne droite de l'enseignement secondaire, tu te sois trouvé un camp.
Dans le mien, on portait des baggy-pants, des cheveux sales, et on écoutait NOFX, Rancid, Pennywise, Les Sheriffs et les Sales Majestés. J'écoute quasiment toujours les mêmes groupes, mais depuis je me suis lavé les cheveux (cela m'a permis de résoudre quelques problèmes évoqués plus haut).
Les années passent, et je lâche quelque peu l'affaire. Mis à part la période qualifié de "rap alternatif" par les bien pensants, j'écoute très peu de rap. Svinkels envoient comme un vrai groupe de rock en live. Les mecs déboitent, les paroles sont fun, et les jeux de mots à la hauteur de leur humour potache et dézingué. Mais après les avoir vu en tête d'affiche de tous les festivals "sacs en laine, cigarette roulée, et mélange de pastis" des années 2000, j'abandonne.
Bon, inutile de vous dire, que le rap radio de droite, prônant le port de bijoux et la misogynie m'intéresse autant que David Guetta et Christophe Mae réunis, je passe donc une sacrée période à écouter principalement ce que j'aime le plus depuis 20 piges.
Et puis un soir de Février 2011, je me retrouve par hasard au concert de Triptik dans la belle salle de Mix'Art Myris à Toulouse. Je n'en crois pas mes yeux, encore moins mes oreilles. Ma première réaction à la lecture du programme du soir est d'une bêtise absolue : - "ah putain les mecs, ils ont choisi comme nom de groupe, le même nom qu'un groupe de rap des années 90. Quelle bande de naze!"
Réponse imminente de mon camarade : - "C'est toi le naze, c'est LE groupe de rap dont tu parles!"
La suite fait désormais parti de l'histoire. Concert parfait. Black'Boul, Dabaaz et Drixxé : combinaison gagnante. La salle est pleine, les gaziers sont à block.
Gros charisme, pas de frime, juste une attitude positive et des mecs qui n'ont plus rien à prouver. Je passe plus d'une heure à balancer ma tête d'avant en arrière, les psychotiques en sont jaloux, tellement ça balance. Les tubes sont au rendez-vous, le public pousse le régalomètre à 20, et tout le monde bouge ses cheveux au bon moment. Concert terminé, les mecs échangent avec les fans, la citrouille dégonflée, le verbe facile, et font savoir sincèrement qui sont heureux d'être là, de retrouver le public 10 ans plus tard. J'en reviens pas qu'un groupe de rap de cette envergure puisse venir dans cet endroit que j'affectionne tant. Entrée à prix libre, squat aménagé, démarche et éthique alternative, le rap que j'aimais dans le temps peut aussi se combiner avec des valeurs qui me correspondent.
Ouais les gars, je suis naïf et inculte, mais je me satisfais la dedans. Fuck le reste, je viens de retrouver mon amante du lycée.
Je rentre chez moi, et je passe 10 mois à écouter tout ce qu'ont pu faire ces gaziers pendant 10ans. Promotion sur les gifles, tout est gratos, servez vous, vous vous en sortirez juste avec les joues rouges, et les oreilles éduquées. Voici, un court extrait. Le reste, allez le chercher vous même, l'exercice est passionnant.
Durant ces 10 mois, je suis donc tombé aussi sur la nouvelle garde du rap français. Triptik d'ailleurs semble porter un regard maternant et bien veilleur sur cette nouvelle génération. Une jeunesse qui écrit des textes, certes toujours portés sur le nombril mais avec la technique et le flow qui va avec. Cette jeunesse là, est aussi allé un peu plus à l'école certainement, le vocabulaire s'est enrichi avec les rimes, et la prétention s'en est allé laissant une belle place au charisme et la sincérité.
Emmené par le talent indéniable (et le buzz internet qui va avec) autour du groupe 1995, je suis tombé sur pas mal de mecs qui kickent dans l'obscurité depuis de nombreuses années, et qui sont poussés sur le devant de la scène depuis quelques mois. L'entourage, La Connnecta, Cool Connexion, A2H, sont des noms qui disent encore pas grand chose au plus grand nombre d'entre vous, mais cela n'est qu'une question de temps.
Autre symbole de cette nouvelle vague de fraicheur dans le rap hexagonal : Rap Contenders, des joutes verbales a capella, tout fraichement importés du Québec. Le principe est simple : 3 rounds pour chacun des participants, et le maximum de vannes. Ca rappelle la cours de récré avec des rimes. Amoureux des "Ta mère, elle est tellement..." vous allez être servis plus que de raisons.
La encore, le jeu reste fun et entrainant, les punchlines sont drôles, et chaque Mc possède une personnalité qui te pousse à chaque fois à cliquer sur le lien suivant. Essayez donc :
Il manquait plus que un évènement pour réunir tout ce beau monde et marquer comme il se doit cette période qui sent bon le renouveau. Triptik l'a bien compris et crée le concept Can I Kick it? au mois de Juin dernier. Profitant d'une visite sur la capitale, je me rend donc le mois dernier à la deuxième édition du nouveau rendez-vous immanquable de amateurs de hiphop.
Orelsan, est Le buzz du moment. Je dois avouer que l'album tourne un boucle depuis Septembre. Novateur, percutant, instrumentaux à la hauteur des phases du Normand, le chant des sirènes est la bonne surprise de la rentrée. Je viens donc voir qu'est-ce le Caennais a dans le ventre quant il s'agit de défendre ça sur les planches.
1h30 de file d'attente. Quand tu fréquentes les concerts punk rock toute l'année, ce genre de situation, tu connais pas. Chez nous, les gars il y a personne, on est 50, tout le monde se connait, et on attend pas pour rentrer dans la salle. Enfin bref, ça me laisse le temps, d'analyser un peu la faune du soir, et m'apercevoir, qu'il y a un peu de tout. Du trentenaire assagi, au jeune kid arborant le même look que la bande à Nekfeu, tapant le freestyle dans la file sur le trottoir.
Je dois avouer que à un moment, je me suis demandé ce que je foutais là. Mes partenaires de file d'attente, ont du se demander la même chose à la vue du patch Swinggin' Utters et du badge "Plus belle la vie" tu me diras.
Le concert est censé commencer à 00h00, après le concert de Birdy Nam Nam.
Il est plus d'1 heure du mat quand on arrive enfin a pénétrer dans l'antre parisienne. La fête a déjà commencé, je découvre agréablement Moudjad, puis le Perpignanais de Némir, accompagné sur un titre par Deen Burbigo. Orelsan, finit par arriver. La foule est compacte, les gens connaissent les textes au millimètres, et le show semble rodé. Ceci dit, je suis largement déçu.
Le gonze chante faux sur tous ses refrains (normalement, il est rappeur pas chanteur me direz-vous), quand il ne se met pas sur hors-beat, le jeune baisse souvent les yeux pour ne pas voir une foule pourtant toute acquise à sa cause. Ca manque de fougue et de charisme tout ça. Le poids de la musique et des textes ne fait pas tout sur scène. Va falloir se caler quelques semaines en résidence pour être un peu plus convaincant très cher.
La suite se passe avec plein de Mc's qui me touchent un peu moins. Même si Tony de Puzzle fait son effet.
Je passe un moment très drôle sur la prestation de Joke. "Wech wech negro, balance le son"
Le bonhomme entourée de tous ses ami(e)s passe un bon tiers de son set à essayer de retrouver un peu de sa sobriété. Bon, sur ce domaine, j'ai de leçons à donner à personne, ceci dit, concernant le traditionnel : " Wech, Ca va la famille ?"
Il faut qu'on se mette au clair de suite. Jeune homme, lorsque tu auras partagé une fois dans ta vie, une salade aux gésiers de canard en compagnie de ma grand-mère, alors oui tu pourras proférer ce genre de remarques. Pour le moment, gardons nos distances, je suis pas de ta famille. Bon, il rappait bien tout de même, je charrie.
L'arrivée de Rocca met tout le monde d'accord. C'est le patron. Tout en classe, en flow, en technique et en ambiance sud-américaine. C'est toujours lui le papa.
Mes jambes commencent à flageller, j'attends toujours la Cool Connexion, mais l'heure tourne. Xanax et A2h débarquent. Le retour des gros lards selon leur dire. En tout cas, ils font du bien les deux costauds. Un peu de fraicheur et de rigolade tombe à merveille à ce moment de la soirée.
Cool Co? Non toujours pas, on abandonne, on quitte les lieux avec le Dj de Rocé qui rend hommage à Dj Medhi. On rate Triptik et la Cool Connexion. Morphée aura eu le dessus, il est 5h du matin.
Merde, je viens de m'apercevoir que j'ai un peu trop écrit sur cette article. Peut être que ce qui se passe actuellement en terme de rap français en vaut la peine.
Je vis ça de loin, tout ça n'est pas ma culture (j'utilise pas les mots "wacks", et "shlag" dans mon vocabulaire quotidien en tout cas), mais je me permet de penser que nous sommes en train de vivre un truc dans l'hexagone. Une nouvelle vague qui va faire du bien à un mouvement hip hop qui en a certainement besoin. Merci à Triptik, et tous les gens cités en gras dans ce texte pour m'aérer les oreilles un peu tous les jours en tout cas.
ps : Dans mes rêves les plus fous, je me prends un peu pour un rappeur. Je crois que j'aimerais bien essayer. J'ai les doigts de pieds sur le bord du plongeoir. Si il y a quelqu'un qui lit ça et qui a envie de me pousser dans la piscine qu'il n'hésite pas, j'ai toujours quelques rimes en stock sous mon bonnet de bain.