vendredi 1 novembre 2013

Boston, Massachusetts.

Montréal dans le rétroviseur, nous avons finit par nous vêtir de ce grandiloquent costume de touriste. Notre déplorable sens de l'orientation, ajouté à la notion de la distance fortement mise à mal de ce coté de l'océan, on a adopté la tenue légère, adaptée aux interminables marches. Le genre de déguisement qui ne te permet même pas de rentrer à La Paillote, le très sélect et réputé disco club toulousain. Le visage accablé par le demi-quintal réparti entre le sac à dos, et le sac à ventre, son voisin de circonstance, on a donc reprit joyeusement la route.
Boston, pour première étape américaine. Un choix de dernière minute, une salle d'échauffement avant d'affronter la grosse pomme. Question logement, c'est aussi notre premier essai avec le grand frère payant de Couch Surfing, le désormais reconnu : AirBnB. Je suis un peu sceptique avec le concept, notamment sur les dérives que peut engendrer l'arrivée des capitaux dans la relation hébergeur/hébergé. Il y a trop de personnes qui dorment à la lueur des étoiles, pour faire n'importe quoi avec, quand on a de la chance d'être l'heureux propriétaire d'un toit, voir même de plusieurs.
C'est toutefois un sympathique couple qui nous a accueilli à Boston, à deux pas du campus de l'université d' Havard, et du très reluisant quartier étudiant qui lui est associé.

Harvard University
ESPN live
Little italy
Etant donné, notre situation géographique, nous l'avons donc joué « bon élève ». Civilisation américaine, étude d'une des treize colonies britanniques, ville marquante et élément déclencheur de la guerre d'indépendance des Etats Unis, option : « Tourisme ». Une attitude tellement exemplaire, que je suis persuadé que le doyen d'Harvard doit regretter de ne pas nous avoir sollicité pour faire parti d'une des nombreuses promotions d'élite, quand nous avions encore l'âge décent de fréquenter l'université.
On a donc suivi à la lettre, les « must seen » des différents guides, et fait le tour des principales attractions de la ville. Je vous épargne le descriptif de nos activités touristiques et il en sera ainsi tout le long du voyage, je suis sur que le premier blog croisé sur la toile, vous renseignera à merveille sur ce qu'il faut visiter ou pas dans tel ou telle ville. Je vous laisse le guide du routard, je m'occupe de celui du roublard.
Quincy Market
Southport

Notre pleine journée de présence à Boston coïncide avec le première journée des World Series de baseball, l'équivalent de la ligue des champions pour notre football national. Rien de mieux, pour nous plonger immédiatement en plein cœur de la culture américaine. Toute la ville est organisée en fonction du match du jour, qui oppose les RedSox de Boston au Cardinals de Saint Louis. On profite pour nous rendre au Fenway Park, épicentre de la fête du jour. Sur place, c'est l'effervescence comme dans mon verre, un lendemain de brosse. Les médias en masse, les fans vautrés dans les chaises de camping en attendant que le guichet ouvre, la boutique officielle prise d'assaut par les supporters, on a du mal à croire ce qui se passe. A 350 dollars la place dans le stade, on choisit l'option « bistrot » pour aller assister au spectacle. Ca tombe bien, nous sommes dans la ville des Dropkick Murphy's, le célèbre orchestre de punk rock celtique, qui a animé un bon nombre de mes soirées d'adolescents et plus encore. Le groupe est une institution dans sa ville. Il joue en ouverture des matchs, les membres sont amis des joueurs, et Ken Casey le bassiste chanteur est le patron du Mc Greevy's, le bar sport par excellence. L'endroit où les supporters se retrouvent, là où le combo punk tourne ses clips, là ou les clients trinquent à la santé de la musique amplifiée et du sport populaire.
Géraldine, en manque permanent de sa dose de punk rock me force donc à aller rendre visite à la célèbre enseigne Bostonienne.
J'avais pas une haute opinion de ce Ken Casey, pour l'avoir rencontré en interview en 2001 pour Radio FMR. Avec mon collègue David, nous nous étions retrouvés face à un individu hautain, prétentieux et presque méprisant à notre égard. Le succès n'était pas encore aussi important pour lui et ses sbires mais déjà il flatulait plus haut que la moyenne. Son zinc ne va pas me faire changer d'avis sur le personnage, on se retrouve dans un bar hype, pour middle class branchée qui sirote des cocktails en chantant l'hymne américain la main sur la cœur. On est loin des « working class heroes » à l'honneur dans les chansons de Dropkick Murphy's.
Mais ne vous fiez pas à ces mots un tantinet péjoratifs, nous avons passé un agréable moment. Dans ce célèbre bar, comme dans le reste de la ville. Une ville américaine à taille humaine, chargée d'histoire, une population sympathique et drôlement accueillante, bref un parfait marche pied pour la suite des évènements.


dimanche 27 octobre 2013

So long Montreal...

Aujourd'hui cela fait une semaine. Le jour tant redouté a finit par arriver. Nous avons du quitter Montréal, la boule au ventre, les maxillaires serrées, et une beau catalogue de souvenirs étalé dans l'hippocampe. Au terme de ces 7 semaines, nous y avons crée nos habitudes, des réflexes, et le début d'une nouvelle vie. Ca commençait à sentir la maison. Une jeune adolescente perdue au milieu des feuilles du parc Laurier m'a même demandé son chemin. J'ai répondu bien évidemment à coté de la plaque, et la pauvre demoiselle doit être toujours en train de chercher sa destination, mais c'est surement du, plus à mon pitoyable sens de l'orientation que à l'engagement corps et âme envers le dispositif organisationnel de la ville.
J'en profite pour remercier une fois de plus tous ceux qui nous ont filé un coup de main. Ceux qui nous ont hébergé bien sur, mais aussi ceux avec qui nous avons partagé un repas, une bonne brosse, qui nous ont prêté un vélo ou un sourire. 
Après avoir quitté le travail, on s'est octroyé deux fins de semaine entre amis, placés sous le signe du nihilisme. Le premier à Lyndhurst, Ontario avec mes deux potes d'enfance, installés au Canada, le second à Québec City avec nos colocataires  Montréalais. Les photos de Géraldine parleront surement mieux que ma prose bien fatiguée par nos trépidantes journées américaines du moment. Restez branchés.
Home

Couch view,  Lyndhurst
Gérard d'Aboville
Chutes de Montmorency, Québec

Ami(e)s du vertige

Roommates, Quebec City

Greg Laraigne @ Knock Out, Québec



mardi 15 octobre 2013

"Could you bring us the menu, please ?"

- "I am the live menu. Can I take a seat with you? To explain what could you drink or eat ?

C'est à peu près dans ces termes maladroits que l'ont commencé la majeure partie de mes interactions sociales de ce dernier mois. Estimez vous heureux, je vous épargne l'accent anglais du sud de la France, en vous les soumettant à la lecture.
C'était dans les plans depuis les premières prévisions "budget" du voyage.
Mettre de l'argent de coté, faire fructifier des deniers sur un compte épargne, n'étant pas ma grande spécialité, je me suis vite rendu à l'évidence. Il allait falloir travailler dès la première étape du voyage, en l'occurrence : Montréal.
Pas de visa de travail, une expérience extra-éducation spécialisée qui commence à dater d'une petite décennie, je me suis présenté pas réellement serein aux premières annonces qui me sont tombés sur le coin de l'oeil.  Quelques jours à m'acharner sur un site web comme le chat sur les rideaux du salon, et voilà que je me retrouve à décrocher un entretien d'embauche dans un salon de thé - pâtisserie française.
C'est sur les hauteurs de la ville que cette institution française est installée depuis soixante ans maintenant. Le propriétaire Canadien d'origine Italienne, vient de reprendre les choses en main, et a visiblement inculqué un nouveau souffle dans la large collection de produits français à consommer sur place, ou à emporter.
On m'explique que je vais certainement être d'office introduit en tant que serveur. C'est à dire que je saute la case "Busboy" pour accéder directement à l'olympe de la restauration : la prise de commande, le rapport direct avec le client. Je vais être l'image même de l'établissement dans la rétine du consommateur. La clientèle est composée d'habitué(e)s, souvent le club des cheveux d'argent du quartier, mais aussi et surtout de touristes fortunés, de passage dans la métropole et en quête d'embruns et de saveurs européennes.

Pantalon à pince, chemise blanche, noeud papillon, il faut être beau. Du moins, il faut essayer de l'être suivant les critères de beauté du boss italien. Il est d'ailleurs très clair avec cela puisque lors d'une réunion précédant le début du service, ce charmant quinquagénaire s'exprima en ces termes à ses salariés :
-" J'embauche des hommes élégants. Je veux pas de gros, ni de petits. Je veux des garçons qui peuvent plaire à ma clientèle féminine. Je veux que les clientes viennent ici pour la bouffe, mais aussi et surtout pour voir mes garçons. "
Je vous épargne la partie sur les femmes au travail, qu'il n'hésite pas à traiter allègrement de fainéantes.
Ok, un italien machiste et misogyne pour patron. Les clichés auront donc la vie facile.
Pour prendre la commande, il faut s'asseoir à la table du client, afin de présenter le menu, mais aussi pour permettre d'humaniser la relation serveur/client, personnaliser le rapport, instaurer un brin de sympathie dans ce moment si éphémère pour l'hôte de l'instant. Aucun problème la dessus, si effectivement les valeurs cachées derrière les méthodes étaient bien philanthropiques, mais il n'en est rien. On est là pour "draguer" le client, quitte à s'inventer une vie pour essayer de trouver des centres d'intérêts communs avec la victime.

Pause repas

Sous le brouillon capillaire qui me sert de coupe de cheveux, je me suis questionné des jours durant, sur le sens de mon travail ici. Mes collègues, aficionados de grosses voitures, aimant les sports de combat, et les blagues homophobes, j'ai du mal à me lever le matin pour aller au turbin. Oui mais, les manières de notre cher tenancier Italien fonctionnent à merveille puisque le salon de thé comme la pâtisserie ne désemplisse pas. Et quand ça marche financièrement pour le patron, ça marche pour les employés et au fil des jours qui s'écoulent, je me dis que dans quelques mois avec Géraldine, on sera les paturons croisés trempant dans l'eau du Pacifique, et ce même propriétaire napolitain ne sera qu'un lointain souvenir...
Mais c'est plus fort que moi, ma générosité déborde de palabres quand il s'agit d'évoquer le metteur en scène de la pâtisserie. Celui qui invite ses amis, propriétaires de rutilants automobiles, à manger le plat le plus long à concocter de la carte, et le tout 10 minutes avant la fermeture ne peut que mériter un minimum d'attention. Cet homme représente exactement tout ce que j'exècre. Un coach sportif particulier, une femme qui a 25 ans de moins que lui, sotte à repasser un k-way, 2 voitures flambantes neuves, et une manière de s'adresser à ces employés rappelant sans mal les méthodes employées par le roi envers ses vassaux il y a quelques siècles de ça.
Lassé d'être considéré comme un excrément raté, j'ai tapé son nom dans google en rentrant un soir du travail.
Oh ivresse et exaltation ! Comment ne m'être pas rendu compte de cela plus tôt. Les petites enveloppes promenants mano à mano à la fin du service, les salariés à 95% dans la même situation illégale que moi, les grosses voitures, et tous les stéréotypes ambulants que je croise depuis un mois. Je travaille pour un DSK de seconde zone. Une des nombreuses cibles de la commission Charbonneau de Montréal, un  de ces mafieux qui magouille souplement depuis des années, nageant le sourire aux lèvres entre les mailles du filet de la justice. Je donne mon temps à un enfoiré de première. A la vue de la collection de casseroles que le coquin accumule à l'arrière-train, je peux comprendre qu'il soit dans la restauration.
Et puis je suis parti à la fin du mois de travail. J'ai pas quitté le travail parce que tout ce système me posait un problème d'éthique, je suis parti parce que j'avais gagné assez d'argent. J'ai pris le cash et puis je ne suis pas revenu. Je le regretterai peut être un jour en le racontant, mais c'est comme ça. Ils sont forts ces italiens.

mercredi 25 septembre 2013

Montréal, Canada.

Bigre, cela fait déjà 3 semaines que nous avons atterris à Montréal, QC, Canada.  Je m'étais juré de mettre ce blog à jour aussi souvent que possible, mais le quotidien Canadien  à pris le dessus sur mon appétence à me coller les mirettes sur un écran 13 pouces.
C'est chez nos amis de Fred et Martin, de l'excellent groupe BonVivant, rencontrés au mois d'Avril dernier sur les routes de France et de Belgique, que nous avons posé nos affaires pour cette première semaine Québécoise. Accueillis comme le couple princier au Grand prix de Monaco, on a très vite pris nos marques dans la métropole, errant comme il se doit dans ces rues aussi bien organisées qu'un plateau de bataille navale.  La première semaine a donc été principalement consacrée à retrouver nos ami(e)s de Montréal quittés il y a deux ans lors de la précédente tournée de Charly Fiasco outre-atlantique. On retrouve vite des habitudes familières finalement : jams & shows punk rock, fêtes, bons repas, promenades citadines, et comme le dit justement Gégé : "En fait c'est la même vie ici qu'à Toulouse". Pas faux, worldwide lifestyle.

Dig It Up,  Montreal Harvest Punk Rock Festival
 La seule différence, c'est que le moment où nous allons avoir besoin d'argent ne devrait pas tarder à arriver, et cela plus vite que prévu. C'est une des inquiétudes majeures de l'année à venir : le budget. Nous avons clairement pas assez de coté pour vivre paisiblement comme des touristes anglais sur la côte d'azur durant les prochains mois. Il va donc falloir retourner au turbin. Ca tombe bien c'est une manière de voyager qui m'intéresse beaucoup. J'ai l'intime conviction que le meilleur moyen de rencontrer les habitants du pays qui t'accueille c'est de partager leur quotidien dans leur labeur journalier. C'est donc reparti comme il y a 10 ans. Rédaction de C.V, démarchage, porte à porte, pour proposer tout ce dont je suis capable de faire avec mes 10 doigts, et le reste de ciboulot en état, autrement dit : Pas grand chose.

Somewhere, over the rainbow
Puis, nous avons déménagé chez Olive et sa dulcinée Salomé. Olive c'est mon pote de toujours. Je le connais depuis Septembre 1989, autant vous dire qu'on a eu un maximum de "première fois" ensemble. Du concours de celui qui pisse le plus loin à la première gueule de bois, on a traversé un océan de sottises,  et à la nage je vous prie. Olivier et Salomé habitent du coté d'Outremont, en plein coeur du quartier hassidique, on y parle français, anglais, mais aussi hébreux. Le dépaysement est partout dans cette sacrée ville, et il y est différent à chaque angle de rue. 
Voilà, j'arrête d'empailler mon clavier, j'ai réussi à trouver un job au bout de 6 petits jours, et je dois avouer que cela occupe une bonne partie des mes journées. Je suis serveur dans une patisserie - salon de thé, version luxe et volupté.  Impossible de tout raconter sur ma nouvelle vie professionnelle canadienne dans ce message, je vais être obligé de vouer un post entier aux aventures de mon noeud papillon. Tenez le coup.

Back at work. 
                                             
Vieux port, Montréal

samedi 31 août 2013

Final countdown.



Le compte à rebours est lancé, les jours défilent aussi vite que les platanes le long d'une départementale de province. C'est l'heure des "au revoirs", de faire la tournée de la famille, des ami(e)s, des collègues, comme si on partait 10 ans sur le front avec un coupe-ongle pour seule arme défensive. Ca fait flipper encore plus. Disons que nous partons 1 an en Erasmus à Barcelone étudier l'oeuvre architecturale de Gaudi, ça sera plus simple pour tout le monde. Bref, c'est l'heure de faire sa valise. Qu'est-ce qu'on prend pour un an? Tu prends combien de caleçons ?  Est-ce l'heure de mettre des slips parce que ça prend moins de place? A ce compte là, pourquoi pas enfiler des strings pour pouvoir faire de la place pour"The Dirt" l'épaisse biographie de Mötley Crüe. Enfin autant de questions existentielles qui pimentent mes journées. 

Comme d'habitude, rien n'est vraiment prêt. "Rien ne sert de courir, il faut partir à point", elle a bien raison cette bonne vieille tortue à se hâter dans la lenteur. Entre déménagement, tracasseries administratives, et ultimes banquets de bonne bouffe, je préfère trouver principalement du temps pour faire le stock de bouquins, et écouter des disques. Fermer les volets du domicile parental, s'abriter du soleil qui régale la plèbe au bord de la piscine, et faire le plein de fichiers numériques pour l'année à venir. Voici les 5 disques qui m'ont régalé les cages à miel cet été.

Comadre " Comadre"(2013)
Un groupe à la mode chez les jeunes. J'étais encore passé à coté de cet orchestre. C'est normal je suis vieux me direz vous. Bête hybride géniale entre screamo, emo, indie rock où je ne sais quoi. Brulons les étiquettes, ce groupe là est vraiment singulier, original, et vient de s'emparer du trône de ce royaume où il faut porter une barbe et des chemises à carreaux.
Mélodies hurlées, guitares pop, des expériences qui partent même sur des routes dangereuses puisque avec des notes de piano, voir même de trompette. Un disque osé, et maitrisé de bout en bout.


R.K.L "Riches to rags"(1994)
Je suis retombé sur ce disque, en suivant les conseils d'un véhément mélomane du nord-est de la France (yo Sam). Hop retour illico dans la période de l'adolescence où j'ai pris ces 11 titres au milieu du front.  
Cette époque où je viens de me faire avaler par la vague hardcore mélodique californienne, mais je résiste toujours en sortant les feuilles de l'eau à grand coup de "Appetite for Destruction". Ce disque c'est un peu ça, du punk rock mélo bercé par la fureur heavy rock.
 Jason Sears qui aurait eu des rapports buccaux avec Paul Di'Anno. Un chef d'oeuvre.


Otis Redding "Live on the Sunset Strip" (1967)
Au cours de notre trop courte virée Bretonne cet été, nous sommes tombé sur ce Réunionnais qui reprenait Otis Redding au bord du plus beau port de France. Dédé qui s'appelait. Gros charisme, grosse fougue scénique et autodérision de rigueur. Il chantait le répertoire du soulman avec une attitude punk et une classe folle. Dire que je m'étais jamais penché sur la carrière d'un des héros de mon paternel, coincé par mes oeillères rock. J'ai réparé ma bourde en écoutant plusieurs fois d'affilé, les 3 sets enregistrés par Otis dans ce live au mythique "Whisky A go-go". Ce type a enregistré une quantité incroyable d'hymnes à l'amour tubesque. Merci Dédé.


Fortune Cookie Club "L'histoire c'est maintenant" (2013)
Les Québécois sont venus jouer à Toulouse, lors de leur dernière tournée européenne. On a partagé une belle date significative avec Charly Fiasco, Maladroit et Lame Shot!. Ben m'a gentiment filé leur dernier disque que je malmène au moins une fois par jour dans la platine depuis que les cousins ont quitté ma cuisine.
Punk rock mélo chanté dans la langue de Bruno Masure. Entre Vulgaires Machins et Guerilla Poubelle. Diablement efficace.



Le meilleur pour la fin. Dernier effort pour les toulousains trop injustement méconnus. Quand tout le monde se touche le nombril sur les clips de Fauve, Bruit Qui Court, continue d'user la courroie du camion sur la route toutes les fins de semaine depuis 10ans. Une grosse soupe populaire musicale mélangeant habilement diverses influences toutes justement choisies. Bruit Qui Court, c'est aussi et surtout Nicolas. Celui que je considère comme l'un des meilleurs paroliers de l'hexagone vient d'amener son orchestre à la quintessence de la chanson engagée. Quand la musique sert à trouver la force pour lever le poing plus haut. La société a besoin de Bruit Qui Court, pas de Tagada Jones.

ps : Prochain post depuis Montreal, Canada. Stay tuned buddies.

mardi 13 août 2013

Septembre.

Nous y sommes. Je me souviens désormais des raisons pour lesquelles j'avais ouvert ce blog.
Je me souviens pourquoi j'avais choisi cet intitulé fort prétentieux, qui laissait sous entendre que j'allais raconter quelques extravagances vécues sur la route.
Je me souviens de l'idée originelle sous forme de fanzine papier, de cette envie de dépeindre le quotidien, de ce besoin de restituer les dernières lectures, les derniers coups de coeur, de trouver un alibi  à cette nécessité d'étaler son égo. Je me souviens aussi et paradoxalement de cette difficulté à écrire à la première personne du singulier.
Bref, je me souviens surtout que "Aucune route n'est trop longue" était avant tout un moyen de décocher un projet qui me tient à coeur, depuis l'âge où apprendre à jouer "Linoleum" t'importe plus que de réussir ton semestre d'art moderne. Bourlinguer, c'est le terme qu'utilise mes géniteurs pour qualifier nos vadrouilles amplifiées le week-end. Voilà je voulais bourlinguer et raconter des histoires de bourlingues.
Je voyage avec les orchestres punk rock depuis maintenant presque dix ans. Ce même punk rock qui m'a tant apporté, celui qui m'a bâti,  structuré, m'a aussi amené aussi loin que jamais j'aurais pu espérer, humainement comme géographiquement.

BonVivant/Charly Fiasco - Quelque part en France dans la maison de Pat le Nerveux.
Photo by Sneaky Phong

Cette année 2013 n'a pas été en reste. Une semaine en Algérie au mois de Février avec l'équipe Rock Belda, avec en prime un concert en plein coeur de Bab El Oued. Quelques semaines plus tard, dix jours avec nos amis Québécois de BonVivant sur les routes de l'hexagone, et puis 3 semaines en Europe de l'Est cet été avec la jeune garde Angevine de Wank For Peace.
Partir faire des bornes dans un camion reste certainement l'expérience la plus classe du monde. Les kilomètres forment la jeunesse. La vie en collectivité, le manque de sommeil, les délicieuses odeurs corporelles, les rencontres etc... Je vous sors pas le "road sweet road" classique, les trompettes habituelles... La section cuivre est toujours de trop dans un camion, et je suis sur que vous voyez où je veux en venir.
Les 3 dernières semaines avec Wank For Peace furent très riches. Voilà un groupe qui a tout compris. Un de ceux qui fait de la musique pour les bonnes raisons. Un groupe de jeunes passionnés, arrivant simplement à associer éthique, sérieux, gros concerts et sens aiguë de la fête. Un orchestre qui tourne en profitant au maximum de ce qui leur arrive, lucide sur la chance qu'ils ont, sincère dans l'attitude, responsable dans leur choix et leurs engagements. Le punk rock au service de la classe.
Quand on écrit ce genre de tube, on mérite que le respect et le dévouement total.

Wank For Peace " What if that was political ?"
Foolish, Wank For Peace, Charly Fiasco & crew - Kiev, Ukraine.
Photo by Ben De Palma
Voilà, tout ça pour dire que le punk rock c'est ma putain de vie, mais je besoin de voyager autrement. J'ai besoin de rencontrer des gens différemment qu'au travers d'une relation faussée par des centres d'intérêts communs déjà pré établis. Facile de taper la causette à l'angle du zinc, au premier gazier croisé, celui qui arbore fièrement une veste à patch orné de logos Black Flag, ou Dead Kennedys. On aura toujours de quoi jacter sur la reformation du combo californien, et l'absence de Rollins en son sein. L'équation relationnelle en devient plus qu'évidente à résoudre.  

J'ai pris un an de congé sabbatique. Avec Géraldine, on va faire une sorte de tour du monde. Le genre de truc que tu rêves quand t'es marmot après avoir lu ton premier Kerouac. On va peut être s'arrêter à Londres avant même d'avoir pris le deuxième avion mais au moins on aura essayé.
"On va pas perdre sa vie à la gagner" qu'ils disaient. Un an à vadrouiller autour du monde avec celle qui a le courage de partager mon quotidien depuis un nombre de mois qui commence à devenir difficile à calculer sur ses doigts de pied. On va travailler un peu pour manger, beaucoup pour nous rendre à la destination suivante, vivre comme un couple de beatnik, et voir le lendemain comment on peut organiser la veille. Le simple fait de se réveiller le lundi matin sans penser à la semaine de travail qui s'annonce suffit à me réjouir pour tout l'été. Un an à quitter son confort, un an avec la route pour seule maison. On sait ce que l'on quitte, on ne sait guère ce que l'on retrouvera. J'ai réfléchi en amont à tout ce que je laissais, aux conséquences de ce choix égoïste,  au fait de partir et de ne pas voir vieillir ses proches (Coucou Ginette et Lucienne). 
J'ai beaucoup pensé à tout ce que je mettais en parenthèse, en particulier les groupes dans lesquels j'essaie de jouer. Le risque de voir tout ce qu'on a construit à plusieurs, s'éteindre, soufflé par le vent de l'inactivité. Que nenni. On attaquera le prochain disque de Charly Fiasco dès mon retour, et c'est l'élégant Francesco Brown qui va me remplacer à la mitraillette à 6 cordes dans Lame Shot!
C'est juste une petite digression dans notre humble existence, l'histoire de mettre un gros coup de ripaton à la créativité,  et de souffler un peu sur ce sordide agenda rythmé par le travail.  Je vais en profiter pour mettre le temps libre à profit, et réfléchir de mon coté au prochain disque des Fiasco, certainement gratter quelques lignes pour un projet écrit qui me tanne depuis un moment, et jouir sans merci du temps qui s'écoule.
Canada - USA - Amérique Centrale - Amérique du Sud - Australie - Nouvelle Zélande - Asie du Sud Est - Inde pour ce qui est du routing grossier du voyage. Si vous êtes sur la route au même moment, ou que vous voulez partager des infos et des bons plans, n'hésitez pas à envoyer un courrier électronique.
Restez brancher sur ce blog, il y aura par voie de conséquences, matière à le nourrir considérablement.
On décolle le 2 septembre 2013 et on atterri au mois de Juillet 2014.
See you on the road folks.

mercredi 17 octobre 2012

Mieux vaut tard.

J'ai pris la rentrée scolaire par derrière. Une petite gifle sur la nuque, énergique et humiliante comme une belle fessée sur l'occiput. La douleur commence à peine à disparaitre, le temps de me rendre compte que l' on vient de signer à nouveau pour une belle année de réjouissance en tous genres.
Summer Whatever est enfin disponible. Une entreprise qui peut paraitre anodine, mais qui, quand l'on possède autant de prédispositions à la malchance que moi, peut s'avérer extrêmement audacieuse. Mon camarade Mickson a du s'arracher les cheveux à la lecture de mes sms qui lui indiquaient l'évolution de la situation. Pages originales perdues, imprimantes en panne,  tout était destiné à l'échec.


 Il est finalement là, et disponible sur simple demande* en m'envoyant un courrier de type électronique à l'adresse suivante : romainboule [at] charlyfiasco.com. N'oubliez pas que si vous envoyer une blague ou un mot doux, la lettre arrive plus vite.
Le successeur est déjà en route et s'intitulera X-Mas Confidential, toujours avec Mickson le flamboyant nordiste en partenaire particulier.  Il devrait être disponible si tout va bien pour la Noël comme dirait tes grand-parents aujourd'hui décédés.
J'en profite pour remercier une nouvelle fois Mickson pour sa patience, Pauline pour la couv', Roww pour les dessins, et toi qui va prendre le temps de le lire debout sur ta chaise lors des prochains repas de famille.

*Offre valable dans la mesure des stocks disponibles et de la flemme du moment.