jeudi 5 juin 2014

Singapour - Malaisie

L'ambiance hivernale Tasmanienne commençait à peser. Cette sensation étrange d'habiter dans un réfrigérateur la journée, puis dans son petit frère congélateur dès que l'obscurité tombait, est devenue de plus en plus pénible. J'aime bien le camping, la promiscuité de la tente et de la vie en collectivité, mais "all good things come to an end" comme dit l'adage populaire. Le tourisme sous toile, la prochaine fois ça sera en slip de bain, moustache calamistrée, et arpions en chasse mouche.
Singapour, la grosse mégalopole indépendante, s'imposa comme première étape de notre retour à la vie itinérante. Nous avons eu chaud, très chaud, les premiers jours, après avoir foulés le sol asiatique. Une sudation prestigieuse qui a transformé chacun de nos vêtements en une serpillière crapoteuse que l'on croise régulièrement chez les populations nomades européennes. Ces vêtements, puisque nous en sommes à évoquer notre accoutrement ; ces fringues sont quasiment les mêmes depuis maintenant dix mois. Dix mois, que nous sommes habillés pareil, à quelques débardeurs près. Dix mois, que les tergiversations devant le miroir pour savoir quel chandail fusionnera le mieux avec son camarade du dessous ont disparu. Nos parures favorites, sont devenues des costumes étranges qui font désormais partis à part entière de nos enveloppes corporelles. Une espèce de carapace en tissu, qui évolue beaucoup moins vite que l'environnement qui nous entoure. Bref, on s'habille pareil tous les jours, et ça n'a l'air de déranger personne. Tant mieux.
A Singapour, il y a deux choses qui rythment la vie des autochtones : La pitance et le shopping. On mange bien, puis on fait les courses. Ou l'inverse. On a essayé de faire un peu de magasinage pour essayer de révoquer la question abordée ci dessus, mais la haute qualité de la gastronomie asiatique, nous a vite fait abandonner nos désirs de nouveauté vestimentaire. Nous y avons retrouvé la famille de Géraldine, et Rachel, notre vieille copine du quartier St Aubin. Elle a fondé une famille à Singapour, trouvant  équilibre et stabilité de vie. Ca fait du bien de revoir les proches. Une aire de repos sur l'autoroute du voyage, une pause méritée, qui réconforte et revigore à la fois. Dans cette ville multiculturelle, où règne tolérance religieuse et confort de vie, au service d'une cohésion sociale rarement rencontrée, nous avons trainé semelles et besaces. Déambulants dans la vieille ville, comme à l'intérieur de cette nouvelle ossature urbaine, nous avons vadrouillé sur ces trottoirs bien trop propres, les billes grandes ouvertes dans les temples, comme dans les gros complexes commerciaux. On l'a prise en pleine tronche. Le temps de se refaire ajuster la cloison nasale, de faire un succinct détour vers une ile indonésienne, puis nous avons repris la route.



by night
Batam Island, Indonesia
Mother & daughter, Batam Island

La Malaisie, représente à notre niveau, le retour à la vie de bohème, aux rencontres éphémères et à notre rythme de voyage. On a voulu repartir sur le tempo acquis en Amérique du sud. La partition latine sonnait bien, alors on s'est dit qu'on aurait pas de mal à se retrouver sur ce swing endiablé. Mais les deux mois passés en Tasmanie, ont vraisemblablement laissé une trace sensible sur l'organisme, et nos dispositions physiques. Alors, on a ajusté le métronome, et on s'est laissé guider par l'allure locale.
Surprenante de part sa multiplicité ethnique, je me suis perdu les premiers jours à savoir quelle langue, nos nouveaux copains employaient. Entre les communautés tamoules, indiennes, chinoises, ou malaises, difficile de se frayer un chemin vers le début d'une relation sociale. Un pingouin au milieu du désert, je vous dis. Puis quelques tirades volées à droite à gauche, ont suffit à lubrifier le conduit, et on a pu commencer à causer. Le pays ancré dans une dualité évidente offre un visage à double face. D'une part, les grandes villes : coloniales, industrialisées, et d'une richesse culturelle évidente, puis de l'autre, la jungle, la campagne, les montagnes, les paysages incroyables abritants une faune et une flore à remettre sur pied Sylvain Augier. On est parti donc claquer la bise aux singes, varans, serpents, et autres coquins qui fleurissent dans les régions rurales du pays. De Melaka à l'île de Tioman, on a fait un bout de route avec Flo et Greg. On rencontre toujours des gens pour partager un peu de temps. Certains sont en vacances pour 15 jours, d'autres pour plusieurs mois, certains rentreront peut être jamais. Greg et Flo rentrent toujours, pour mieux repartir. Quelques mois en France, histoire de renflouer la besace, et ils repartent à l'autre bout du globe. Un mode de vie qui fait réfléchir. On y a passé beaucoup plus de temps que prévu. A chaque fois, que nous décidions de remonter vers le nord, on croisait toujours un signe qui nous faisait retarder le départ vers la Thaïlande. Puis dans un bus de nuit, direction Georges Town, on ne s'est pas réveillé pour descendre. On s'est donc retrouvé en Thaïlande. Sans vraiment le vouloir. 








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